dans un mois. à ------------------- 24.03.2008 -------

Dans un mois, jour pour jour, j’ai 30 ans.
Probablement vécu la moitié de ma vie déjà, ou presque. Je ne me plains pas. Une vie avec moult et rebonds. Avec ce let motive passionnel, viscéral, cette rage de vivre incompréhensible, qui vient de je ne sais où… Peut être de mon éducation ? Allez savoir … car tout ceci est si complexe.

J’ai eu droit à de jolies passions, de très très belles histoires, des conte de fées, des rencontres magiques que je ne peux oublier, … et puis des hommes qui m’ont tellement apportés, et puis pris aussi… … J’ai été tellement de moi différentes, que des fois j’ai l’impression d’avoir vécu plusieurs vies en une seule. J’ai du mal à me dire, j’ai été celle-ci ou celle la…

Cette enfant un peu perturbée, pourtant pleine de vie (à ce que disaient les psychologues), mutilée des fois, qui rêvait d’étoiles, cherchait tant de réponses à ces incompréhensions. Cette petite tête qui manquait sinistrement de tendresse, l’enfant que j’étais, a vécu tant de choses si particulières, une vie bien remplie.

J’ai vu des gens mourir, des gens vivants mort en dedans, des proches s’entretuer, de la haine, de la tristesse, beaucoup de tristesse, de la rage … et un peu d’amour. J’ai subit de gentilles tortures mentales et physiques, des non dits, des mensonges, des silences, des déceptions, des humiliations et des tragédies. Mais certainement pas autant que d’autres enfants sur cette planète. … et, jamais je n’ai cessé, j’ai toujours gardé les yeux grands écarquillés, … Aujourd’hui encore je regarde sans vraiment comprendre. Y a t-il d’ailleurs, vraiment quelque chose à saisir ? …

Mes parents, mes frères, même s’ils ne savent rien de mon existence, s’ils ne comprennent pas ma façon de vivre, … ont soufferts, et je me doute qu’ils souffrent encore de cette vie qui n’épargne pas vraiment. Je les connais si mal, j’ai honte... C’est étrange d’avoir une mère, un père, des frères… étrangers. Qu’aurais-je fait à leur place ? Je ne sais pas. Ils m’ont fait souffrir, c’est vrai, mais je les ai probablement fait souffrir aussi. Ce n’est pas grave en soit, parce que par ailleurs, ils m’ont donné à voir, du grain à moudre. Du moins j’espère qu’ils ne m’en veulent pas trop.

Avec mes yeux toujours écarquillés je scrutais, et je scrute encore… L’âge ne me chagrine pas, cela me fait ni chaud ni froid, même si je vois mon corps qui s’essouffle un peu. Non, d’ailleurs ces années m’ont donné une assurance, un recul que j’apprécie assez. Si je devais mourir demain, je ne regretterais rien, ou presque… Mais l’utopiste, croit tellement en la magie humaine que … j’espère que les humains vont enfin se réveiller (pour de vrai) un matin, un beau matin…

Je crois aux miracles. Je crois aux miracles. Je crois aux miracles. Je crois aux miracles.
Je veux croire en un monde meilleur. Je crois aux miracles pour vous et moi.

C’est la sensation de solitude qui me rend amère. La solitude je la connais, elle a bercé mes jeux d’enfants, j’ai toujours été solitaire, mais là, … je le suis  et je la subis 24h/24, et cela devient insupportable. Je me sens comme une petite fourmi, qui fait ces travaux, sans trop savoir pourquoi, au milieu de tous ce gens inconnus trop pressés, trop sérieux, ambitieux, trop tristes aussi, qui sont devenus sourds et aveugles. Je les croise, je m’égare, eux n’ont pas le temps. C’est exaspérant, sont-ils heureux dans leur 4*4 train train, avec leur jolie morale?

Je me lève, je me lave, me motive, tente de vivre fort, très fort, j’essaie de faire incognito comme les autres, mais je n’y arrive pas… Quelques fois, mes yeux d’enfant essaient de surprendre un sourire, un regard, mais rien … Je ne suis même pas mélancolique, même pas désespérée … non. Simplement la solitude, … J’aimerais partager ma rage de vivre avec quelqu’un. Je sens le temps défiler sous mes pas, incapable d’apprécier au mieux les aptitudes opulentes d’une existence, je me force, mais … Quel gâchis. C’est ça, … J’ai comme l’impression d’avoir eu Madame « pas de chance ». Ou je ne sais pas trop quoi… Chaque fois que je construis quelque chose, que je mets de l’énergie, tout s’écroule comme un château de carte, et à chaque ras de marée, ou ce château de sable disparaît… je ressens toujours et immanquablement ce même vide. Je me sens seule dans mon monde d’enfant.

Il fait beau, j’aime quand le vent souffle dans mes cheveux, il s’amuse à les faire virevolter, tout est beau, si beau... Et j’ai l’impression que tout, tout autour de nous, tous ces gens ne se rendent pas compte. Ils sont profondément tristes, aigris, et pillent leur existence s’en s’apercevoir.

Alors je vis au jour le jour, sans penser à demain, et j’essaie de ne pas perdre mon âme d’enfant sur la beauté de la vie. En espérant qu’un jour je croiserais un homme qui aura lui aussi cette rage de vivre, ce regard d’enfant.

retour news