Quand l'eau de là . -- 30.05.2009
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La maladie, cette nuit, a emparé mon cher frère de sang.
Foudroyante, même pas le temps de dire au revoir.
Ni de lui dire seulement combien je l’aimais.  
J’étais juste … remplie d’une tristesse caverneuse,
Incapable d’hurler à ces quatre murs vides, toute l’injustice…

Ce lendemain, entrant dans sa chambre d’enfant, son lit était vide, comme inhabité,
Quelque chose de sordide, pesant, abject, rodait sur mes épaules déjà frêles.
Comme si j’avais raté quelque chose d’important, de décisif.
Une vilaine comptine aurait très bien pu me ricaner au creux de l’oreille
« tant pis pour toi, t’avais cas … »
Mon frère est mort dans ce cauchemar qui me laisse une amère sensation de vide incompréhensible.

Et puis le lendemain de ce drame, crescendo.
J’étais là, dans ce lit d’enfant, mon lit… Un éclair à travers la fenêtre me réveilla.
Dehors un arbre gigantesque s’envole déraciner par la force du vent …
Emportant avec lui les fils électriques,
Les plombs sautent.
C’est l’apocalypse me suis-je dit, apeurée.
 
Pluie, grêle, éclair, tourbillon, inondation … probablement 2 mètres d’eau partout au sol…
Panique, Seule face à ce déluge ingérable.

Ici je suis en sécurité, oui mais pour combien de temps ?
Un autre arbre pourrait s’écrouler sur la toiture.
Emportant toutes mes désillusions…
L’eau pourrait emporter les murs, …

Je suis terrifiée par cette réalité qui me dépasse.
Mes parents, eux dorment comme des bébés, sans se soucier que…
Je me pose la question, dois je les avertir de ce chaos ….
Ou est ce mieux qu’ils dégustent leurs rêves encore …
J’ai peur pour eux, alors je les réveille…
Le vent redouble de force, les volets claquent …

Et à la fenêtre arrive un harmonica qui joue une musique qui me fait penser à mon frère défunt.
Je communique avec lui, et il me confirme qu’il est bien mon frère.
Il essaie de me prévenir d’un danger, mais je ne le comprends pas.
Cet esprit est affolé, … et moi décontenancée.
Je ne peux rien faire, à part subir et tenter en vain de me protéger contre l’assaut de la nature.

Je me réveille…
Rassurée que ce ne soit qu’un cauchemar,

Je reste sous le choc malgré tout.
Pendant plusieurs années enfant et adolescente je faisais des rêves prémonitoires de mort.
Espérons juste ça ne se répétera plus.
J’aimerais que ce ne soit qu’une simple paranoïa idiote.
Mon esprit débile qui crache simplement son malaise.
Par pitié… faites que ce soit ça.

Picture © Johann Fournier http://www.ether-elegia.com/

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