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Les mots et les autoportraits de ce journal intime diffusé sur Internet, sous-titré "Sexe, dogme & schizoprhénie", dont la page d'ouverture arbore pour accéder aux rubriques la barrette de pilules contraceptives d'une jeune femme d'aujourd'hui, décline avec humour et une rare justesse la condition féminine contemporaine…

(version du 12 septembre 2004)


Yannick Vigouroux : Quand et pourquoi as-tu commencé le journal intime que tu diffuses sur Internet, "Les Fragments d'Eve" ?

Sandrine  : Je crois qu'au fond, tout cela est une suite assez logique d'évènements plus ou moins marquants dans ma vie… Mon tout premier journal intime remonte à mes six ans. Je savais alors à peine écrire que déjà je griffonnais de noir des petits carnets tout roses ! Je n'ai pas cessé depuis d'écrire ce que j'ai au fond des tripes sur des petits carnets, j'y collais des tas de gribouillis morbides (têtes de morts, faucheuses, fœtus…) et autres icônes comme Marilyn Monroe. Un patchwork assez paradoxal en somme. A seize ans d'ailleurs, pour la petite anecdote, j'en avais tellement marre de ma solitude, et de mes idées noires… que j'ai passé une petite annonce pour correspondre et délirer un peu, c'était dans un magazine de musique énervée (Hard Force pour ne pas le citer), j'ai eu 250 réponses en moins de deux mois ! Alors j'ai abandonné mes cahiers égocentriques, pour écrire de longues lettres avec des adolescentes/adultes qui comme moi avaient besoin de "causer". J'écrivais en moyenne 5 à 10 lettres par semaine en sachant que chacune comportait 5 à 15 pages… Puis avec la vie, ses aléas, j'ai petit à petit eu moins de correspondants, moins de temps aussi… A la fac ensuite, j'ai eu un ordinateur, et naturellement je me suis remise à écrire des textes de-ci de-là, et surtout réussi à les stocker… Un jour on m'offre une Webcam, que je mets de côté pendant assez longtemps sans y toucher… Et c'est assez par hasard qu'après une pénible rupture, je me mets à essayer de dragouiller via Internet, je me mets à faire quelques clichés avec cette fameuse Webcam, j'essaie de prendre des images où je me trouverais enfin belle. Mais… en fait au lieu de me prendre en photo pour me mettre en valeur, je me prenais moi, avec mes états d'âmes, avec mes défauts, avec mon monde noirci, et décalé. Alors que je commence à y prendre goût (étant une très grande amatrice de photos). Je prends de plus en plus de clichés, et commence à bidouiller un site pour moi, où j'expose plus ou moins mes pensées, mes shoots.

Yannick Vigouroux : Utilises-tu un appareil numérique pour réaliser tes autoportraits, et lequel ?

Sandrine  : Et bien, jusqu'ici, les autoportraits et portraits que j'ai réalisé, étaient faits simplement avec ma Webcam, une vieillotte qui n'est d'ailleurs plus sur le marché ! Mais je viens de faire l'acquisition il y a peu d'un Canon A80, ça va un peu révolutionner ma vie !

Yannick Vigouroux : Les appareils numériques amateurs donnent selon moi un second souffle au slogan de George Eastman qui commercialisa en 1888 la première box kodak : "You press the button, we do the rest." C'est-à-dire, une technique ou une technologie nouvelle, qui, dans le cadre de la vie quotidienne, permettrait d'oublier la technique ou la technologie… La naissance d'une mémoire intime en images paradoxalement par l'oubli…

Sandrine t : Personnellement, je suis une grande bidouilleuse ; je bidouille en photo, en sculpture, en peinture, en graphisme, tout ce que j'ai fait a été acquis en autodidacte, et de ce fait tout est assez superficiel. (Ceci dit, ce n'est pas pour autant que je ne m'éclate pas !). Je ne me considère pas comme une artiste, je trouve ça trop prétentieux de se placer aux côtés de Mondino, Bourdin, Doisneau, qui eux ont une technique irréprochable. Et je pense que je n'ai absolument rien à faire dans cette "boîte"-là. Moi je rentre dans la case "bidouilleuse" !

Yannick Vigouroux : Justement, ta pratique relève avant tout d'une pratique amateur, ce qui n'enlève rien selon moi à sa valeur artistique, bien au contraire…

Sandrine  : C'est un sujet des plus complexes je pense. Je n'ai pas assez de recul vis-à-vis de l'histoire de l'art pour me faire un avis propre. D'ailleurs, une très bonne amie à moi qui est aux beaux-arts de Montpellier, m'a emmenée voir une fois une expo d'art contemporain dans son école. L'œuvre présentée était en elle-même une sculpture des plus insignifiantes pour moi. L'auteur avait alors commencer à expliquer ce que cela signifiait. Et là je me suis dit qu'indéniablement je faisais parti de la masse culturelle populaire, et que je ne pourrais jamais comprendre certaine œuvres. Alors, est-ce que l'art doit être géré par une élite ou pas ? Je n'en sais rien. Le génie réside-t-il dans l'œuvre qui touche le plus de gens ? Ou l'œuvre la plus conceptualisée ? Mais cela touche à la définition même de ce qu'est l'art…

Yannick Vigouroux : Est-ce que l'on t'a déjà reproché une attitude exhibitionniste et si oui, es-tu d'accord avec un tel jugement ?

Sandrine  : Parfaitement, oui, on me l'a reproché. D'ailleurs, souvent, les reproches sont assez violents à ce sujet. J'aimerais citer un exemple de message qui résume bien ce à quoi j'ai droit quelques fois. C'est la réaction d'une photographe sur une liste qui fait office de forum de photo après que j'ai posté une photo macro de mon téton : "Quand on voit ces merdes, ce n'est pas de l'art mais de l'exhibitionnisme, y a des nanas qui sont ici uniquement pour se faire mousser, et fatalement il y aura toujours des amateurs aveuglés par leur testostérone pour encourager ça, quels grands amateurs d'art vous êtes pour apprécier des bouts de nichons pris grossièrement à la webcam. Pas la peine de répondre à ce mail, je me désinscris de la liste, histoire de ne plus m'infliger la vue d'images de nus kitsch dignes des premiers "Emmanuelle". C'est Buffet froid qui va être heureuse, elle va pouvoir créer un nouveau sujet dans son forum (elle fait référence à ma communauté décalée où l'on parle librement de sexe (http://laboite2sandrine.errance.org/) en copiant ce mail et le placer entre celui sur les femmes fontaines et celui des orgasmes multiples anaux tellement elle a rien à foutre de ses journées hormis prendre son cul en photo." Que dire de plus ? …
C'est fou, parce qu'en réalisant ce site, je n'ai jamais réfléchi une seule seconde à la possibilité d'être exhibitionniste ou pas. Ce site, c'est mon carnet de bord mental, un lieu que je voudrais plutôt modeste, où je déverse habituellement des craintes, des rêves, des tourments, des fantasmes, des angoisses, et pas mal de bêtises "humaines" aussi. Alors, en général, on me rétorque assez judicieusement qu'un journal intime ne doit pas être lu, sinon c'est impudique; de ce fait ma façon de faire est exhibitionniste… Peut-être ont-ils raison ? Je ne sais pas, et au fond ce n'est pas vraiment ma préoccupation première. Et je crois que je l'expliquerais par le fait que ma famille est un véritable lieu de non communication. Enormément de non-dits (qui m'ont pourri la vie), de tabous.
Alors au fond, qu'est-ce qui est pudique ou pas ? Y a t-il vraiment des choses qu'il ne faut pas dire ? J'avoue, je l'ignore. Je n'ai pas de repères à ce sujet. Alors, je me suis créé mes propres règles. De mon point de vue, mon site n'est pas impudique, il n'est pas exhibitionniste. Il parle de douleurs, de souffrances. Ce que je constate en tout cas, c'est que je n'arrête pas de recevoir des messages, des emails d'anonymes qui me remercient, qui se sentent moins seuls dans leurs souffrances.

Yannick Vigouroux : Penses-tu qu'Internet et les appareils numériques favorisent une telle attitude ?

Sandrine  : Je pense qu'Internet n'a pas encore montré tout ce dont il était capable. C'est un outil tellement ambivalent, formidable et en même temps tellement fourbe. Après est-ce qu'il favorise l'exhibitionnisme, avec l'apparition grandissante des appareils numériques ? Je ne sais pas trop. C'est sûr qu'on n'a plus à se farcir les commentaires graveleux du vendeur au labo de photos, quand on va les faire développer, que les photos peuvent devenir instantanées, faites par tous, dans l'intimité, puis balancées illico presto via Internet…
Mais je crois surtout que l'exhibitionnisme a le vent en poupe, dans la mesure où nous somme dans une ère de "reality show", une ère individualiste, et qu'en effet, tout est bon pour être vu et - cela va de soit - critiqué, les gens semblent demander toujours et encore plus de voyeurisme, d'humiliation… Cracher sur les autres permet d'oublier qu'on n'est pas heureux, et qu'on a une vie de merde, ou tout simplement ça permet de ne pas trop réfléchir sur sa condition humaine. L'individualisme je pense joue aussi beaucoup sur cet état de faits, la solitude, le fait d'être seul face à soi-même, donne un peu cette envie de s'exhiber, ou de regarder ce qui se passe à côté. Et comme nous vivons une vie "haut débit"… Personnellement, je n'ai plus de téléviseur chez moi depuis six ans. Et je m'aperçois jour après jour que cela a révolutionné ma perception des choses…

Yannick Vigouroux : Te considères-tu donc "exhibitionniste" ?
On sait qu'un journal intime est toujours écrit avec l'envie secrète, consciente ou non, qu'un jour quelqu'un trouve la clef du cadenas ou du tiroir où il est enfermé pour découvrir tes réflexions sur ta vie intime… En livrant directement tes autoportraits et sur Internet, sans "cadenas", penses-tu accélérer ce processus volontairement ? Ou au contraire cela ne rompt-il pas un peu de son charme ?


Sandrine  : Mon site est rempli de pièges. Il est tortueux, alambiqué, et ultra fourni. Cela déborde d'informations contradictoires. Il y a des codes partout, des liens cachés, des fausses pistes. Je prends souvent pour exemple le Rubik's cube avec ses couleurs, ses combinaisons de couleurs, et ses différentes faces. Mon site peut paraître à première vue simple, et pourtant, si on s'y plonge un peu, il multiplie les paradoxes, les contraires, les absurdités. Il faut trouver la bonne combinaison pour tout remettre en place, pour obtenir la bonne lecture. Pour que tout soit cohérent. C'est un peu comparable à une information donnée dans un journal télévisé : qui dit l'information, avec quels mots ? Comment le présentateur est-il habillé ? Et comment va-t-il prononcer ces mots ? Quel montage vidéo va t-il utiliser pour donner forme à son reportage ? Et à quelle heure sera-t-il diffusé ? Entre quelles publicités ? Tous ces éléments influent sur la compréhension et l'ingestion de l'information. Je joue avec tout ce que je peux utiliser, tous les moyens sont bons pour semer le doute ! Si je délivre mes entrailles, autant que je le fasse en étant humaine, c'est-à-dire ultra complexe. Je doute que l'internaute lambda qui va surfer seulement 10 mn comprendra qui je suis vraiment. C'est marrant d'ailleurs les réactions complètement différentes que je reçois sur mon site. Chaque internaute lit ce qu'il a envie de percevoir, chacun voit une combinaison de couleurs différentes… Rares sont ceux qui savent qui je suis vraiment au fond.

Yannick Vigouroux : As-tu été influencée par des photographes ou des écrivains ayant tenu et publié un journal intime ?…

Sandrine  : C'est là que le bât blesse. J'ai une culture littéraire malheureusement très réduite. Je ne lis en réalité que des bouquins qui touchent au développement personnel, je suis une accro de tout ce qui touche à la psychanalyse (L'Interprétation des rêves de Freud a longtemps été mon livre culte). Mes influences "littéraires" viennent plutôt de la musique que j'écoute (par ex. : Les Elles, Noir Désir, In Vivo, M, Alain Bashung, Arno, Souchon, Assassin, Lofofora, Supuration…). Pour la photo, là aussi ma culture est plutôt mince car j'ai vraiment plongé dedans depuis peu (mes parents considérant que cela ne sert à rien). Je pourrais dire toutefois que je suis fan d'Erwin Olaf, Mondino, Trevor Watson, Alain Duplantier, Natacha Merritt, Tony Ward – mais ce serait de ma part prétentieux de dire que mes clichés sont influencés par eux ! Mes photos reflètent plutôt l'imagerie issue du contexte culturel surtout musical dans laquelle je baigne : un style plutôt sombre, sanglant parfois, érotique d'autres fois, complètement décalé aussi, un univers qui provient directement de la musique dont je m'imprègne quotidiennement : Tool, Gojira, Madonna, les V.R.P. que je n'avais pas cités tout à l'heure. Et aussi un peu des Bandes dessinées : Bilal, Manara et Binet : trois auteurs qui n'ont rien à voir entre-eux mais dont je suis dingue !

Yannick Vigouroux : Tes textes sont-ils inspirés par tes images ou est-ce l'inverse ?

Sandrine  : J'ai plusieurs méthodes de travail pour l'écriture, ça dépend vraiment de mon état d'esprit, et du rendu que je souhaite. Soit c'est de l'écriture automatique, soit je m'inspire de clichés, soit de la musique que j'écoute au moment où j'écris, ou alors ce sont des textes qui ont mariné pendant longtemps en moi, certains d'entre-eux, un jour arrivent à naître, d'autres attendent encore… c'est très capricieux en fait, il n'y a pas une seule et unique méthode.
Pour les images, c'est plutôt une méthode au "feeling". Aucune séance ne se ressemble, je ne sais pas vraiment comment l'expliquer, pourtant tout est très méthodique, ritualisé un peu comme le déroulement d'une messe religieuse. Un bordel pourtant ultra organisé où tous les sens sont en éveil !

Yannick Vigouroux : Il y a beaucoup d'humour dans tes textes et tes images, de sensualité aussi… J'aime beaucoup la phrase d'ouverture d'une de tes pages : "Un constat d'abord, ça ne sert à rien de guérir… " Plutôt qu'un rituel de guérison, il s'agirait donc d'un rituel d'autodérision ?…

Sandrine  : Comme le dirait Benoît Poelvoorde dans Les Carnets de Mr Manatane, "comme il y a un savoir vivre, il existe aussi un savoir mourir", j'y rajouterais volontiers le "savoir plaisanter". J'essaie autant que possible de saupoudrer mes journées de petits bonheurs, et puis, de petites clowneries. J'ai ma dose de noirceur, certes, mais je possède aussi d'autres facettes, tantôt érotiques, tantôt sardoniques, tantôt fragiles, tantôt connes aussi ! Je ne sais plus très bien ce que disait Coluche à ce propos, mais c'était quelque chose comme : "dans chacun d'entre-nous sommeille un con". J'aime bien cette vision des choses, ça permet de bien se remettre à sa place des fois.
Autodérision : une façon inconsciente sans doute de me juger encore et toujours plus, dans une quête de perfection. Et/ou une façon aussi de relativiser. Je n'ai surtout pas envie de me prendre trop au sérieux, je n'ai pas envie de sombrer et de me complaire dans une attitude pseudo gothique, narcissique, dépressive, à pensée unique, j'ai aussi envie de rire aux éclats, et de prendre du recul vis-à-vis de mes traumas.

J'ai vu des choses qui m'ont fait comprendre que le bonheur n'était pas dans l'acquisition d'un mobilier top design ultra confortable, ni dans une situation sociale remarquable. Au fond, je suis assez ignorante socialement parlant, humainement aussi d'ailleurs, je suis juste une femme à tendance chieuse, avec son lot de défauts et de qualités, qui aime ni plus ni moins les petits bonheurs de la vie.
C'est vrai que "Les Fragments d'Eve", c'est un peu mon "anxiolytique", ce site indéniablement m'aide à vivre. Disons qu'il est l'endroit où je trifouille généreusement à l'intérieur de moi-même, là où j'espère approcher du bonheur au milieu de toutes ces merdes ! Il est un peu comparable à un coffre de jouets rempli à ras-bord, on y plonge la main, et on éprouve des tas de sensations tactiles étranges, et on ne sait jamais sur quelles vieilleries on va tomber. Et des fois, ce n'est pas très joli joli. C'est un peu pour cela que je ne sais pas trop non plus ce que donnera le site dans six mois !… Cela dépendra de moi, de mon travail sur moi-même. Après, je pense être comme des milliers de personnes habitant dans les pays riches, je voudrai juste peut-être me sentir équilibrée physiquement et mentalement. Etre moi, m'assumer, être libre d'être heureuse et surtout m'aimer. "Les Fragments d'Eve" est un site à teinte d'ébène, mais ma vie n'est pas monochrome ! Je finirais volontiers puisqu'on parle de dérision, avec une phrase de Desproges qui disait, "on peut rire de tout mais pas avec tout le monde". Moi j'aime rire. C'est tout.

Yannick Vigouroux : Les pilules de couleurs diverses qui, sur ta page d'ouverture, permettent d'accéder aux différentes rubriques, me font penser aux romans de l'écrivain espagnole Lucía Etxebarría (voir son site : à ajouter), chroniques pleines d'autodérision sur les jeunes femmes d'aujourd'hui. Je pense en particulier à Amour, Prozac et autres curiosités (1996)… As-tu lu cette écrivain et cinéaste, et te sens-tu des correspondances avec elle ?

Sandrine : Le titre Amour, Prozac et autres curiosités me plait plutôt bien…, mais je ne connais pas du tout cette écrivain. Les pilules de mon site représentent plein de choses en fait, il y a ce côté quotidien du "journal intime", ce cachet que l'on doit prendre jour après jour, geste aliénant quelque part, il y aussi ce côté très "femme qui s'assume pleinement, avec sa sexualité étroitement liée à la pilule contraceptive. Un coté aussi très médical au fond, puisque cela renvoie à la thérapie, l'anti-dépresseur. Et puis c'est un clin d'œil à la trilogie de Bilal : la pilule pour oublier, pilule que l'on retrouve dans le film Matrix (date ?) d'ailleurs.

Yannick Vigouroux : Connais-tu d'autres diaries sur internet que tu aimes ou qui t'ont influencée ?

Sandrine  : A vrai dire à part le blog d'un de mes meilleurs amis, non, je n'en connais aucun qui m'est vraiment plu. La plupart de ceux que j'ai lus, sont à mon sens soporifiques, et tellement fades… Rien ne m'a vraiment captivé.

Yannick Vigouroux : Le fait de multiplier les sites, n'est-ce pas comme un prisme dont chaque facette reflète forcément l'autre aspect de ta personalité, à l'infini, les possibles (peut-être parfois contradictoires) d'une vie ?

Sandrine  : On en revient toujours au Rubik's cube, et ses facettes, ses combinaisons ! Après, sans rentrer dans les détails, agir, faire créer, bosser sur des sites, ça permet de ne pas penser à autre chose… Je n'ai pas de télé, je m'évade comme je peux ! Ceci dit je n'en ai pas tant que ça ! J'ai juste mon site "Fragments d'Eve". Quant au "Diet blog", si je l'ai mis à part de "Fragments d'Eve", c'est juste pour une question d'esthétisme, mon "Diet blog", est brut de décoffrage, il n'a rien de poétique. C'est juste un cheminement mental, vers une quête d'équilibre. Et puis j'avais peur qu'il ne monopolise toute l'attention du site. Il en fait parti mais c'est un lien à part. Après il y a "La boîte de Sandrine" qui se divise en trois sites, le site en lui-même, la version trash, et la communauté où il y a des forums, où l'on parle de tout avec des amis très proches, mais aussi des internautes venus d'ailleurs. Je ne pense pas que ce site soit en contradiction avec moi-même, au contraire, il me complète. Pour ce qui est ensuite de "Scorch", "Murmurlement", "Metalorgie", ce sont les sites des associations ou je bosse en tant que reporter, attachée de presse, webmaster, entrepreneur du spectacle… Puis y a le petit dernier concernant mon projet de livre. Mais c'est tout, je n'en ai pas tant que ça…

Yannick Vigouroux : Que penses-tu du diptyque que j'ai réalisé au polaroid ?

Sandrine  : C'est étrange je ne me reconnais pratiquement jamais sur les photos. Pourtant si, c'est bien moi. Je ne saurais pas trop quoi en dire… Quand je le vois, ça me donne envie de savoir ce qu'il se cache dans le hors cadre. Mais la curiosité est un vilain défaut ! Ceci dit il est très paradoxal, et j'aime beaucoup cela.



Propos recueillis par Yannick Vigouroux
à Paris-Montpellier, août 2004



Portrait/objet de Buffet Froid par Yannick Vigouroux